Océane… ou Troisième passage de la baleine Pierre-Alain Jaffrennou

Poème Symphonique en 5 mouvements dédié à Charles Koechlin. Commande de création de F.N.A.C A.L.P.H.A

L’éloge à Charles Koechlin, musicien de très grand talent, à cheval sur ce siècle, vise à contribuer au rétablissement de son souvenir et à la diffusion de son œuvre, aujourd’hui presqu’oubliée. Mais c’est aussi, de manière plus précise, une double convergence avec le maître qui m’incite, immodestement, à placer son nom en hommage.

En premier lieu. La maîtrise d’harmonies complexes, déployées et évolutives allant d’une grande richesse spectrale à la plus extrême finesse constitue un des propos de la composition. Charles Koechlin théoricien, on le sait, a donné beaucoup d’importance, aussi bien dans son œuvre théorique que musicale, aux concepts d’harmonie.

Le second point de rencontre avec Charles Koechlin réside dans le genre musical qu’est le poème symphonique. La référence particulière est ici « Le livre de la Jungle» composée d’après le livre de Kipling qui met en scène, sous cette forme, la vie animale.

De la jungle au grand océan turbulent, il n’y a qu’un plongeon qui va nous assurer de la rencontre avec la baleine, paisible et sympathique animal, trop fort pour sa douceur, malheureuse victime de nombreux prédateurs et du plus cruel d’entre eux: l’homme.

Se déplaçant seule ou parfois en troupeau, la baleine, symbole de quiétude, aime à parcourir les mers. Le Premier Passage de la Baleine, n’est que conjecture de quelques téméraires savants zoologistes. Aucun fait précis ne vient, à ma connaissance, légitimer cette hypothèse. Le Second Passage, au contraire, est en fait indubitable constaté de visu par de nombreux témoins. Par une pièce pour chorégraphie, j’ai d’ailleurs, en son temps, relaté l’événement.

Le troisième Passage de la Baleine présente 5 mouvements:

  1. Grande Plongée. Douceur des fonds. Après quelques grands rebonds en surface, la baleine plonge et glisse sans mouvement vers les grandes profondeurs. La descente vertigineuse s’accélère et le calme, peu à peu, s’installe, opaque, brisé seulement par quelques échos lointains et par le chant de la baleine.
  2. Emersion. Nage libre et enjouée. La brusque remontée vers la surface est suivie d’une nage libre. Heureuse, la baleine saute, se divertit par ses ébats, alterne les longues glissades sans mouvement. L’eau gicle, les flots s’ouvrent et se referment. Les mouvements se ralentissent.
  3. Assoupissement de la baleine. Après les jeux effrénés du mouvement précédent, l’assoupissement gagne la baleine. Précédé de soubresauts, le sommeil s’installe.
  4. Imminence du danger. Lutte L’espace devient inquiétant et tendu. Le danger s’installe autour de la baleine qui n’est pas sans le percevoir. La fuite est le premier réflexe, mais, bien vite, il faut faire face et lutter. Jaillissements de colonnes d’eau, brutales retombées des corps, cris, tensions extrêmes. La violence est à l’image de la baleine.
  5. Final: Scherzo de la baleine. En forme de Scherzo, le final affirme le caractère instrumental de la pièce déjà révélé tout au long de la composition. D’un ton badin, centré sur des timbres synthétiques cuivrés, il s’achève dans un tutti harmonique.

Réalisation: Outre les techniques désormais classiques, en usage dans les studios de musique electroacoustique, la réalisation d’Océane fait largement appel aux techniques numériques issues de l’informatique. Les matériaux sonores d’origine concrète, en très petit nombre, et qui constituent l’ossature de la composition sont traités numériquement. Les autres sons sont obtenus par synthèse numérique.

La pièce a été réalisée à Lyon, à Grame, centre national de création musicale. Elle a pu être créée grâce à l’obligeance de Fnac, Alpha.

Source: CEC / Concordia Archival Project (CAP)

  • Année: 1984
  • Format: Œuvre sur support
  • Matériel utilisé: Infernale machine
  • Durée de l’œuvre soumise: 32:26
  • Réalisation: Studio Grame (Lyon, France)
  • Création: 24 mai 1984, Théâtre Romain de Fourvière, (Lyon, France)

1. Grande Plongée. Douceur des fonds

  • Durée de l’œuvre soumise: 6:25

2. Emersion. Nage libre et enjouée

  • Durée de l’œuvre soumise: 7:02

3. Assoupissement de la baleine

  • Durée de l’œuvre soumise: 4:39

4. Imminence du danger

  • Durée de l’œuvre soumise: 7:15

5. Final: Scherzo de la baleine

  • Durée de l’œuvre soumise: 7:16

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